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316 | Janvier 2026

Dieu est saint!

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Nous chantons que Dieu est saint ; nous prions le Dieu saint… mais savons-nous ce que signifie ce mot « saint » ?
Parfait ? Sévère ? Exigeant ? Essayons d’y voir un peu plus clair !

D’après le dictionnaire français, l’adjectif « saint », quand il est utilisé pour parler de Dieu, signifie « souverainement pur, parfait » (Petit Larousse).
D’après les théologiens, « saint » en hébreu vient de la racine « mettre à part, délimiter ». Saint signifie alors différent, mis à part, tout autre que ce qui est dans le monde.
Par exemple, quand Dieu sanctifie le 7ème jour, il devient un jour différent des autres, mis à part pour Dieu : le shabbat.
Je vous propose de garder à l’esprit ces deux sens principaux : la différence et la pureté.

Un Dieu différent
Notre Dieu est totalement différent de nous : par le prophète Osée, il déclare :
« Je n’agirai pas en fonction de l’ardeur de ma colère. Je renonce à détruire Éphraïm, car je suis Dieu, et non pas un homme. Je suis saint au milieu de toi, je ne viendrai pas avec colère. » Osée 11.9.
Autrement dit : je ne réagis pas comme vous !
Le Dieu saint se démarque aussi des idoles, comme le révèle Ésaïe :
« Ce jour-là, l’homme portera ses regards sur son créateur, ses yeux se tourneront vers le Saint d’Israël. Son regard ne se portera plus sur les autels, qu’il a faits de ses mains, et il ne contemplera plus ce que ses doigts ont fabriqué, les poteaux sacrés et les piliers consacrés au soleil. » Ésaïe 17.7-8.
« Le Saint d’Israël » ; Ésaïe utilise souvent cette expression, car c’est ainsi que le Seigneur s’est révélé à lui. Il nous raconte cela dans le 6ème chapitre de son livre.
Méditons ensemble sur cette rencontre entre le Seigneur et Ésaïe, cela nous aidera à nous approcher de cette réalité qui nous dépasse : la sainteté de Dieu. Ésaïe raconte :
« L’année de la mort du roi Ozias (740 avant J.-C.), j’ai vu le Seigneur assis sur un trône très élevé ; le bord inférieur de son vêtement remplissait le temple. » 6.1.
Ésaïe voit un trône : symbole de la royauté et de la souveraineté de Dieu.
Le trône est très élevé : il appartient au Roi des rois, au Seigneur des seigneurs.
Ésaïe ne voit que le bas du vêtement du Seigneur. Il ne peut rien décrire de son apparence. Il décrit uniquement les créatures qui entourent le trône.
« Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux dont ils se couvraient le visage » :
Eux non plus ne peuvent pas voir le Seigneur. Il échappe à toute prise de vue, toute emprise, toute mainmise… car Il est saint !
« deux dont ils se couvraient les pieds » :
Est-ce une marque de pudeur, de respect ?
« et deux dont ils se servaient pour voler ». » Ésaïe 6.2.

Qui sont ces séraphins ?
Difficile d’être précis… puisque c’est la seule fois que ce terme apparaît dans la Bible. Ce qui me parle, c’est que ce mot, en hébreu, veut dire « les brûlants ». Plus on approche du Seigneur, plus on est brûlant ! Comme les disciples d’Emmaüs qui disent après avoir cheminé avec Jésus :
« Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? » Luc 24.32.
Un cœur brûlant… quand Jésus nous ouvre le sens des Écritures. C’est tellement vrai, aujourd’hui encore !
Ésaïe a cette vision lorsqu’il est dans le temple. Là aussi, c’est un petit détail qui me parle : Ésaïe est venu au temple. Cela signifie qu’il y a eu une démarche de sa part, un désir de célébrer Dieu avec les autres. Avez-vous ce même désir ? Ou avez-vous besoin d’entendre la Bible vous dire :
« Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous ! » Jacques 4.8.
Ésaïe poursuit son récit :
« Les séraphins se criaient l’un à l’autre : « Saint, saint, saint est l’Éternel, le maître de l’univers ! Sa gloire remplit toute la terre ! » 6.3.
Cette parole dit à la fois que le Seigneur est le Tout-Autre (au ciel) et le Tout-Proche puisque sa gloire remplit toute la terre. Une parole qui se vérifie et s’incarne en Jésus
à la fois le Saint de Dieu… et le Fils de l’homme ;
à la fois si différent… et si proche de nous ;
à la fois si puissant et si humble.
Il n’y a aucun Dieu ni aucun humain qui ait cette intensité de Présence, de Puissance et d’Amour. Notre Dieu est saint ! Il n’y a vraiment personne comme lui !
Un Dieu pur
« Les montants des portes se sont mis à trembler à cause de la voix qui retentissait et le temple a été rempli de fumée.
« Alors j’ai dit : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel, le maître de l’univers ! » Ésaïe 6.4-5.
Voilà une saine réaction devant la sainteté de Dieu : « Je suis perdu ! » Dieu est tellement saint, pur, lumineux qu’il fait apparaître nos impuretés, nos lâchetés, nos compromis. La plupart des gens redoutent cela et fuient sa lumière. Comme le dit Jésus :
« La lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leur manière d’agir était mauvaise. En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés. » Jean 3.19-20.
La sainteté-pureté de Dieu fait apparaître nos impuretés :
« Mes lèvres sont impures » dit Ésaïe.
Nos pensées aussi ; nos regards souvent ; nos paroles parfois…
Vous avez peut-être fait cette expérience : en voyage, par exemple, dans une chambre d’hôtel on se retrouve devant un miroir avec une lumière plus forte que chez nous et on constate soudain toutes les impuretés de notre peau. C’est impressionnant ! Voilà qui ressemble – de loin – à l’expérience d’Ésaïe.
Ésaïe ne se cache pas ; il reconnaît son impureté. Mais le Dieu saint ne s’arrête pas là.
« Cependant, l’un des séraphins a volé vers moi, tenant une braise qu’il avait prise sur l’autel à l’aide de pincettes. Il a touché ma bouche avec elle et a dit : « Puisque ceci a touché tes lèvres, ta faute est enlevée et ton péché est expié. » Ésaïe 6-7.
Notez le « cependant » qui change tout : Dieu pourrait nous condamner pour toutes nos impuretés et nos infidélités. Cependant ce n’est pas son projet, pas son style ! Le Dieu saint fait apparaître le péché pour le pardonner. Et ce pardon vient de l’autel. Voilà qui préfigure le sacrifice qui expiera le péché du monde, celui de Jésus. Ésaïe l’entrevoit plus tard, au chapitre 53 :
« Il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort et il a été compté parmi les criminels, parce qu’il a porté le péché de beaucoup d’hommes et qu’il est intervenu en faveur des coupables. » Ésaïe 53.12.
D’abord perdu… puis pardonné, Ésaïe entend maintenant l’appel du Seigneur :
« Qui vais-je envoyer et qui va marcher pour nous ? » J’ai répondu : « Me voici, envoie-moi ! ». » Verset 8.
Ce prophète a fait l’expérience de son impureté. Il sait qu’il n’est pas meilleur que son peuple : ses lèvres sont aussi impures que celles du peuple. Mais il a fait l’expérience du pardon. Pour être un bon messager, il faut avoir fait ces deux expériences.
Vous l’avez certainement constaté vous aussi : certains annoncent surtout le jugement d’un Dieu sévère ; d’autres annoncent seulement la grâce d’un Dieu sympa. Ce n’est pas le message de la Bible !
Ésaïe nous transmet la vision d’un Dieu saint qui met en lumière l’impureté et qui cependant pardonne à ceux qui se laissent toucher.
« Il a alors ordonné : « Va dire à ce peuple… ». Verset 9.
Ésaïe sera porteur d’un message qui annonce à la fois le jugement du peuple et l’espérance :
« S’il y reste encore un dixième des habitants, à leur tour ils passeront par les flammes. Cependant (!), tout comme le térébinthe et le chêne conservent leur souche quand ils sont abattus, la souche de ce peuple donnera une sainte descendance. » Ésaïe 6.13.
Voyez jusqu’où va la sainteté de Dieu : jusqu’à nous communiquer sa sainteté.
En Jésus, nous faisons partie de cette sainte descendance promise par Dieu.
« Si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham et vous êtes héritiers conformément à la promesse. » Galates 3.29.

Et notre sainteté ?
Dans un sens, nous sommes déjà saints, puisque nous avons été mis à part pour le Seigneur. Voilà pourquoi les épîtres sont souvent adressées aux saints qui sont à Éphèse ou à Philippes, ou encore à Colosses. 
Mais nous sommes également appelés à être saints (Romains 1.7 ; 1 Corinthiens 1.2). 
« Vous serez saints, car je suis saint, nous dit le Seigneur. » Lévitique 11.44.
Un appel à la pureté et à la différence (pour reprendre ces deux sens du mot « saint »).

John Stott, un théologien anglais, présente brillamment l’importance de la sainteté (voir le texte encadré).
Le risque du rigorisme
Les chrétiens sont tentés de se conformer au monde ambiant et de glisser dans toutes sortes de compromis. Mais ils risquent aussi, à l’inverse, de devenir rigides, comme le montre également John Stott.
Concrètement ?
La sainteté, ce n’est pas seulement s’abstenir de faire du mal, c’est vivre une vie nouvelle, consacrée au Seigneur, orientée par l’Évangile, dynamisée par l’Esprit saint.
Passez en revue ces différents domaines et cherchez à voir s’il y a concrètement quelque chose à changer pour vivre une vie « différente » :

Mes relations avec mon patron, mes collègues ou mes subordonnés ?
Mes relations avec mon conjoint, mes enfants, mes parents ?
Mes relations avec l’argent ?
Notre façon de vivre l’Église ?
Nos relations avec la société, les autorités ?

------------------------ John Stott : La sainteté -----------------------
Extrait du livre : What Christ thinks of the Church, Angus Hudson, 1990, pp. 61-62.

La sainteté de vie et de caractère est une caractéristique indispensable du vrai chrétien et de la véritable Église. Elle est fortement soulignée dans le Nouveau Testament :
« Ce que Dieu veut, c’est votre progression dans la sainteté : c’est que vous vous absteniez de l’immoralité sexuelle. » 1 Thessaloniciens 4.3.
La sainteté n’est pas seulement la volonté de Dieu, mais aussi son dessein. C’est le but de l’élection du Père :
« En lui (Christ), Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. » Éphésiens 1.4.
C’est le but de la mort du Fils :
« Jésus-Christ... s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute faute et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de belles œuvres. »  Tite 2.13-14.
C’est le but de la présence du Saint-Esprit en nous :
« Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification... lui qui vous a donné son Esprit. » 1 Thessaloniciens 4.7-8 (Segond).
Mais si Dieu a pour dessein de nous rendre saints, Satan est déterminé à contrecarrer ses plans. Il cherche sans cesse à inciter les croyants et les Églises à pécher. Si le monstre sorti de la mer ne parvient pas à écraser l’Église par la force, et si le monstre sorti de la terre ne parvient pas à pervertir son témoignage par l’erreur, alors la prostituée babylonienne pourrait réussir à séduire l’Église par ses charmes répugnants (cf. Apocalypse 17.1-6). Ou, pour abandonner les images frappantes de l’Apocalypse, si le diable ne peut détruire l’Église par la persécution ou l’hérésie, il tentera de la corrompre par le mal.

------------------------ John Stott : Le rigorisme -----------------------
Extrait du livre : What Christ thinks of the Church, Angus Hudson, 1990, pp. 69-70.

Nous ne devons pas réagir de manière excessive au laxisme extrême qui nous entoure en développant une rigidité extrême en nous-mêmes.
Le Christ n’impose pas de nouveau fardeau à ceux qui vivent dans un environnement où les normes sont peu élevées (Apocalypse 2.24-25).
Nous devons simplement tenir fermement à ce que nous avons déjà, c’est-à-dire à ce qu’il nous a déjà donné dans sa parole écrite.
De quoi s’agit-il ? C’est la justice équilibrée, joyeuse et exaltante de la Bible, la liberté glorieuse de la loi royale. C’est la même moralité qui considère l’usage correct du sexe comme beau et sacré, et son mauvais usage comme laid et sordide. C’est l’enseignement qui dit :
« Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure ; ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle et à l’adultère, Dieu les jugera. » Hébreux 13.4.
Les commandements de Dieu ne sont pas pesants. Le joug du Christ est facile à porter et son fardeau léger (1 Jean 5.3 ; Matthieu 11.30).
Nous ne devons donc pas nous imposer, ni imposer aux autres, un fardeau plus lourd que celui donné par la Bible. C’est précisément l’erreur qu’ont commise les scribes et les pharisiens. Ils ont ajouté leurs propres traditions aux commandements de Dieu. Ils ont lié des fardeaux pesants et les ont mis sur les épaules des hommes (Matthieu 23.4 ; cf. Marc 7.8-13). Mais le chrétien ne doit pas jouer au pharisien…
Les Saintes Écritures constituent elles-mêmes un « canon », c’est-à-dire un instrument qui permet de mesurer et un critère qui permet de tester ce qu’on entend. Elles sont un guide adéquat et une règle suffisante tant pour la foi que pour la vie. Notre responsabilité est de préserver leur enseignement et non d’y ajouter de nouvelles règles.

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Notes :
1 : Sauf mention, les textes bibliques sont issus de la version Louis Segond 21.
2: Le rigorisme est un attachement strict et parfois excessif à des règles morales ou religieuses strictes et austères.